Journée nationale de la Paix 2018 / Père Charles Olidjo, à la classe politique ivoirienne « II est temps que la classe politique ivoirienne mette balle à terre »

La journée nationale de la Paix célébrée le 15 novembre de chaque année a été instaurée par la président Henri Konan Bédié, tabernacle de la sagesse africaine et digne apôtre du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne.

L’évènement a été marqué par une grande messe présidée par Mgr Raymond Ahoua, évêque du diocèse de Grand-Bassam à la paroisse du Saint Esprit de Mockeyville.

A cette occasion, l’abbé Charles Olidjo, secrétaire général de la commission épiscopale Justice et paix, dans une homélie de plus de trente minutes, a vivement interpellé la classe politique ivoirienne avant de l’exhorter au dialogue.

« Les zones d’ombres qui persistent et qui fragilisent la paix dans notre pays, trouvent leur fondement dans la pratique courageuse entre adversaires politiques d’hier et d’aujourd’hui.

La Côte d’Ivoire, notre mère patrie, n’est-elle pas plus importante que tous nos intérêts personnels pour nos honneurs bafoués ? (Citant un message du Pape émérite Benoit XVI adressé aux dirigeants et aux responsables politiques et économiques africains et du reste du monde à Cotonou le 10 novembre 2011).

« Ne privez pas vos peuples de l’espérance. Ne les privez pas de leur avenir. Prenez la mesure politique et courageuse de vos responsabilités. Si vous êtes croyants, priez Dieu de vous accorder la sagesse… A défaut de devenir les serviteurs de vos peuples, devenez les serviteurs de l’espérance.

« Il nous parait impératif et vital de convoquer, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ prince de la paix, le peuple de Côte d’Ivoire, dans toutes ses composantes, au rassemblement et à la réconciliation pour bâtir ce beau pays dans la paix, comme l’énonce de fort belle manière, l’hymne nationale(…)

Oui le pays nous appelle au rassemblement, au dialogue, au pardon pour une réconciliation véritable, socle d’une paix durable. Fort heureusement, que l’espoir demeure, au regard l’acte politique majeur enregistré récemment par l’amnistie accordée par le président de la République, à la veille du 58ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire aux détenus, aux personnes en liberté provisoire, aux exilés politiques de la crise postélectorale de 2011.

La conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, par l’intermédiaire de Mgr Antoine Koné, a salué ce geste à sa juste valeur, comme un gage de la cohésion sociale et une prémisse de la réconciliation nationale effective.

Cependant, l’Église catholique à travers sa hiérarchie, encourage monsieur le président de la République à utiliser tous moyens politiques, diplomatiques et sociaux, pour définitivement clore cette parenthèse obscure et regrettable de l’histoire de notre jeune nation.

Afin de rassembler dans la communion et le dialogue mutuel, toutes les filles et tous les fils de notre chère patrie, la Côte d’Ivoire.

La réconciliation de notre pays, gage de stabilité et de paix durable, est au-dessus de tous les sacrifices. A ce tournant de la vie politique, économique et sociale de notre pays, il est impérieux que tous les enfants de ce pays se laissent guider par ce qu’il y a de meilleur en eux.

Qu’ils fassent preuve de sagesse, d’esprit de concertation, et de vérité, en vue de la conservation du bien commun et de la défense de l’intérêt commun de la nation.

Qu’il nous soit permis, avec humilité et franchise, de dire à toute la classe politique ivoirienne, l’angoisse et la peur. Peuple de Côte d’Ivoire, au regard des derniers évènements tragiques survenus à l’issue des élections locales, faut-il en déduire que les élections dans notre Côte d’Ivoire, seraient-elles devenues une fatalité ?

Alors qu’elles auraient pu être un moyen d’expression démocratique pour la succession harmonieuse des classes dirigeantes. II est temps que la classe politique ivoirienne mette balle à terre.

Il faut privilégier le dialogue, si cher à feu Félix Houphouët-Boigny dont tous se réclament. Car, le sage d’Afrique avait fois en ce dialogue, il disait même qu’il était l’arme des plus forts. Tirons les leçons de notre passé récent. Protégeons l’avenir des jeunes générations.

Épargnons la Côte -d’Ivoire d’une seconde crise meurtrière. Au peuple de Côte d’Ivoire : « Nous rappellerons ces paroles divinement prophétiques de notre hymne nationale.

« Fiers ivoiriens, le pays nous appelle. Si nous avons dans la paix ramener la liberté notre sera d’être un modèle de l’espérance promise à l’humanité, en forgeant uni dans la foi nouvelle, la patrie de la vraie fraternité. Avec l’esprit saint, engageons-nous dans la restauration de notre pacte sociale a-t-il déclaré.

Propos recueillis sur Radio espoir par LAMBERT BROU

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