Les domestiques pas très dociles !

Les domestiques pas très dociles !

Nombreux sont les ménages qui sollicitent les services de personnels de maison. Employées pour faire le ménage, la cuisine ou en qualité de nounous, analphabètes ou non, ces filles ont une part importante dans le bien-être de la maisonnée. Malheureusement dans un grand nombre de cas, la relation employée-employeur tourne au vinaigre.

Anges ou démons ?

Les employées de maison rendent un grand nombre de services à leurs employeurs. Filles de ménage, cuisinières ou tout simplement nounous, elles sont très utiles voire une nécessité même si pour la plupart elles sont analphabètes.

Mais combien sont ces patrons qui se plaignent de leurs domestiques ? Il suffit prêter l’oreille et de faire une petite enquête de voisinage pour constater que le désenchantement touche un grand nombre sinon la plupart. Beaucoup de chef de familles sont victimes soit de l’incompétence de leurs employées soit de sa mauvaise éducation qui découlent dans bien des cas sur le vol.

En matière de personnels de maison, il en existe bien de catégories. Il y a, entre autres, celles qui sont nouvelles dans l’exercice de cette fonction. Ne connaissant pratiquement rien, elles doivent s’adapter sur un territoire inconnu. Un 1er ménage, une 1ère famille et ainsi de suite pour connaitre les rouages du métier.

Ce au grand dam des familles-formatrices. Il en existe également celles qui pratiquent cette fonction depuis belle lurette. Par contre, ces dernières changent de ménage comme de vielles chaussettes pour diverses raisons. Souvent pas très catholiques. Une autre vague, ce sont les occasionnelles qui cherchent à se faire de l’argent sur une durée déterminée pour divers motifs.

Il y a même des lycéennes qui prêtent leurs services durant les vacances aux fins de participer à leurs frais scolaires. Parmi ces filles de maison, certaines sont des enfants de parents proches vivant à la campagne. Pourquoi ces filles aux allures d’anges, serviables,attentionnée…se révèlent-elle bien souvent avec bien de vices ? Heureusement, il en existe quelques-unes qui ont des qualités irréprochables.

Elles sont polies, entreprenantes, dévouées, des cordons bleus. Qui plus est, parfois en plus d’être ménagères, elles jouent le rôle de nounous au cas où l’employeur ne veux pas ‘’miser’’ plus pour s’offrir les services d’une baby-sitter. En somme, des perles dont on abuse souvent. En ce qui concerne l’autre race, elles font vivre à leurs employeurs des vertes et des pas mûres.

Apparaissant de prime abord comme des agneaux, l’on ne tarde pas à être très vite déçu.Anne-Marie Kouadio, médecin dans un centre hospitalier de la place, nous fait part de sa mésaventure avec certaines domestiques. « Elles sont incroyables ces filles.

En l’espace de deux mois, j’ai changé trois servantes. Les deux premières pour incompatibilité de caractère et la dernière est partie sans me dire un mot. Me lâchant avec cette rentrée des classes », se désole-t-elle.

De ‘’je retiens’’ à vol aggravé

Malheureusement, elle n’est pas seule à subir ces désagréments.« A une certaine époque,on se disait que partir chercher nos nièces ou des filles qu’on nous proposait du village pouvait être une porte de secours pour nous. Mais au bout de quelques mois,une fois qu’elle ‘’connaissent ‘’ Abidjan,elles deviennent arrogantes et insupportables.

Quand nous nous tournons vers les agences de placement, elles aussi,ce sont de véritables vipères aux visages d’immaculées que les responsables de ces structures nous envoient. Pourtant, ces agences sollicitées nous rassurent sur l’intégrité et la bonne moralité de leurs filles.

Soit elles n’ont aucun respect pour leurs employeurs soit elles font des ‘’je retiens’’ sur l’argent prévu pour le marché » indique avec amertume Mme Cissé,comptable. Entendez par ‘’je retiens ‘’ une expression typiquement ivoirienne signifiant la soustraction indélicate d’une partie de l’argent prévu pour faire le marché ou des courses.En mars 2018, un couple habitant à Abidjan-Cocody a sollicité les services d’une agence de placement de servantes.

En leur absence, les employés ont été victimes d’un cambriolage orchestré par leur 2ème fille de ménage de 19 ans après que celle-ci a réussi à droguer sa collègue. Recherchée par la police, la suspecte court toujours. Cet exemple parmi tant d’autres met en exergue jusqu’où ces domestiques peuvent aller dans leur volonté de nuire. Peu importe les méthodes tant que la fin ou l’appât du gain justifie les moyens.

C’est à se demander qu’est-ce qui ne tourne pas rond ? Pourquoi de telles agissements ? Serait-ce parfois les employeurs qui les incitent à commettre cela ?Albert Beugré, gestionnaire d’une agence de placement de servantes à Cocody, quant à lui, assure de la bonne moralité de ses filles. « Elles sont bien comme vous le remarquez. Regardez, ressemblent-elles à des filles de mauvaises moralité ? Certes elles ne sont pas saintes. Elles ont certainement des défauts mais rien de grave qui puisse être un danger pour les employeurs.

Depuis 6 ans je suis ici et personne ne s’est encore plaint », déclare-t-il. Loin de douter de sa bonne foi, une chose reste certaine : sa réalité n’est pas la même partout voire dans bien des cas. Ces filles dont l’âge varie entre 17 et 30 ans, assises avec leurs valises, le regard parfois triste et perdue sont quasiment prêtes à ‘’embarquer‘’ avec les employeurs sont comme un jeu de loterie.

Le joueur doit juste espérer tirer la bonne carte. Dans un autre sens, il est rapporté que des employeurs sont dans une certaine mesure des tyrans. Des domestiques se verraient obliger de poser des actes irrépréhensibles et de s’en aller aux fins de réparer certains ‘’torts’’.

Déjà qu’elles ne sont pas bien rémunérées, elles sont maltraitées et leur dignité bafouée. Au demeurant, chacune des parties employeurs-employées devraient jouer convenablement sa partition sous l’œil vigilante non seulement de la société civile mais également des autorités compétentes.

Feridoss